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Vieille toiture en tuiles plates
Les vieilles maisons ont un charme indéniable, mais elles posent aussi des problèmes très concrets lorsqu’il s’agit de les entretenir. La toiture est souvent le point le plus délicat. Dans mon cas, il s’agit d’une toiture en tuiles plates traditionnelles en terre cuite, ancienne, sans écran sous-toiture, comme c’était l’usage autrefois.
Avec le temps, plusieurs difficultés sont apparues :
certaines tuiles ne sont plus parfaitement planes,
les joints longitudinaux laissent parfois passer l’eau,
les tuiles ne sont plus fabriquées ni disponibles dans le commerce,
et refaire entièrement la toiture représenterait un coût et une intervention lourde, peu compatible avec l’esprit du bâti ancien.
Le problème : des infiltrations ponctuelles mais persistantes
Les infiltrations ne venaient pas de tuiles cassées, mais plutôt :
de pluies battantes, souvent accompagnées de vent,
de l’eau qui s’infiltrait par capillarité ou par les joints verticaux entre tuiles,
puis qui descendait directement vers la charpente, faute d’écran sous-toiture.
Les solutions classiques proposées sont souvent insatisfaisantes :
silicone ou mousse expansive (non respirants, dangereux à long terme),
résines ou hydrofuges épais,
des solutions en forme d’entonnoir,
ou, en dernier recours, la réfection complète du toit.
Je cherchais donc une solution :
localisée,
réversible,
respectueuse de la ventilation,
et surtout adaptée à une toiture ancienne comme la mienne.
Le principe retenu : dévier l’eau plutôt que la bloquer
Plutôt que d’essayer de rendre les tuiles parfaitement étanches, ce qu’elles n’ont jamais été ; j’ai choisi de revenir à un principe simple et éprouvé :
intercepter l’eau et la guider vers l’extérieur avant qu’elle n’atteigne la charpente.
C’est exactement ce que fait un écran sous-toiture moderne, mais appliqué ici de manière ponctuelle, là où le problème se pose réellement.
Les solutions trouvées sur Internet ne répondaient pas à mes attentes : elles étaient soit chers, soit contraignantes à mettre en œuvre, en particulier lorsqu’elles imposaient de collecter et de vider régulièrement l’eau déviée.
La solution mise en place
J’ai fabriqué et installé une pièce de déviation, réalisée à partir d’une feuille de métal plastifié.
Concrètement :
la pièce est insérée sous la jonction, entre deux tuiles,
elle capte l’eau qui passe par ce joint,
puis la guide vers le bas, jusqu’à la tuile inférieure,
où l’eau ressort naturellement sur la couverture et s’évacue.
Cette pièce joue plusieurs rôles à la fois :
déflecteur d’eau,
rupture capillaire,
écran sous-toiture localisé.
Elle n’est ni collée ni scellée de manière étanche, ce qui permet :
la dilatation des matériaux,
la ventilation naturelle de la toiture,
et une réversibilité complète de l’intervention.
Pourquoi cette solution fonctionne
Le métal plastifié offre une bonne rigidité tout en restant fin.
Sa surface lisse favorise l’écoulement rapide de l’eau.
La pose empêche toute remontée par capillarité.
La toiture continue de “respirer”, comme elle l’a toujours fait.
Il ne s’agit pas d’un produit du commerce, mais d’une solution, inspirée des principes traditionnels de couverture, adaptée aux contraintes modernes.
Résultat et enseignements
Depuis la mise en place de ces pièces :
les infiltrations concernées ont disparu,
aucune humidité anormale n’est observée,
la charpente reste saine,
et l’esthétique extérieure de la toiture est totalement inchangée.
Cette expérience montre qu’il est possible, face aux limites des solutions industrielles, de raisonner en termes de circulation de l’eau, plutôt qu’en étanchéité absolue, surtout sur le bâti ancien.